📜 La Prière (à lire à genoux ou affalé au comptoir)
Par Spike Heart, créateur de Tarentur le champion involontaire des Beuveries Oubliées.
Notre bière, qui est aux feux,
que ta Sprotch soit aspirée,
que ta note vienne,
que ta douloureuse soit faite sur la pierre comme au fiel.
Sers-nous aujourd’hui notre bière de ce jour,
Tolère donc notre impuissance comme nous tolérons aussi celle qui nous a emmerdés.
Et ne nous laisse pas entrer en vexation, mais délivre-nous du Graal.
Amène… nous enfin Ă boire !
Pourquoi réciter la Prière du Sprotch régulièrement ?
Il fallait bien qu’un jour cela arrive. Que quelqu’un, quelque part, entre deux gorgées de Sprotch trop tiède se lève (ou tombe) pour écrire ce que personne n’osait réciter à haute voix : une prière dédiée à la Sprotch et validée par Darkam, l’ogre sacré, patron des auberges effondrées, des sandales qui collent, et des notes de taverne plus salées qu’un cyclope trempé.
Alors, vraiment, pourquoi ?
Parce qu’un pigeon t’a volé ton sandwich.
Parce qu’un druide t’a encore facturé un diagnostic énergétique.
Parce que quelqu’un a dit “hydromel” au lieu de “Sprotch” et que ça mérite punition divine.
Parce que ta sandale gauche te trahit sournoisement depuis trois jours.
Parce que tu as vu le fond du tonneau et qu’il t’a regardé en retour.
Parce que le plafond de l’auberge te parle quand tu as bu (et parfois, il a raison).
Parce que Darkam a écrasé ton ex sans le faire exprès, et que tu veux lui dire merci.
Mais surtout : parce que ça te donne une excellente excuse pour commander une autre tournée.


1 Comments
« Ah… que le fond de mon gobelet me serve de témoin : j’ai vu des prêtres perdre la mémoire, des cyclopes louper leur enclume, et des demi-dieux confondre leur tunique avec une nappe. Mais moi, Tharaklès Brontéforge, fils de Forgeglace et fidèle du Titan Assoupi, je ne manque jamais une prière à la Sprotch.
Première gorgée : pour le feu.
Deuxième : pour la mémoire.
Troisième : pour le sol — car c’est là qu’on finit souvent, humblement allongé, nez contre la pierre sacrée… juste au niveau de son ombre.
Certains disent que ce n’est qu’une boisson. Ceux-là n’ont jamais vu le maître brasseur souffler sur les braises en murmurant des mots trop anciens pour être traduits.
Moi je l’ai vu. Et j’ai senti la vibration dans les dalles. Ce n’était pas de la bière : c’était un rite. Et quand on se relève — si on se relève — on est différent. Plus léger… ou plus flou.